Vocable
Qu’on soit débutant ou non, on se retrouve rapidement confronté à un vocabulaire technique, spécifique au monde du bonsaï et parfois même un peu surfait à grand renfort de japonais. Découvrez dans ce recueil une humble tentative d’apporter quelques définitions et explications sur le vocabulaire en usage dans l’art du bonsaï.
Argile volcanique granuleuse d’origine japonaise. Très utilisé comme substrat en bonsaï en raison de ses propriétés drainantes et une très bonne rétention d’eau. Ce substrat présente toutefois trois défaut majeurs : il se délite progressivement avec le temps (au détriment du drainage), il s’agit d’une ressource limitée (donc non durable), c’est un produit d’importation (bilan carbone peu reluisant).
On lui préfèrera à l’avenir les zéolithes de type chabazite.
Petite anecdote : la fermeture des frontières japonaises pendant la crise mondiale Covid19 a créé une pénurie généralisée d’akadama pendant plusieurs mois.
Relatif à l’apex. La plupart des végétaux érigés et des arbres ont une dominance apicale. Cela signifie que la croissance des extrémités les plus hautes, et notamment de la cime, est prioritaire, au détriment des branches basses. Les arbres jeunes et vigoureux sont alors effilés, et dans la nature il faut attendre de très nombreuses années avant que ce phénomène s’atténue.
En opposition à apical, caractérise les phénomènes de croissance qui partent de la souche ou du tronc. Chez les végétaux à dominance basale, les tailles sévères et les contraintes (ligature, etc.) se traduisent parfois par l’abandon de la croissance des branches concernées au profit de nouvelles depuis la souche.
Ces arbres ont généralement un caractère buissonnant ou rampant assez marqué. Lors de la construction d’un bonsaï, il conviendra de tailler plus fortement les branches basses.
Le bonsaï (盆栽) est un art traditionnel japonais, dérivé du penjing chinois. Il consiste à cultiver et maintenir une version miniaturisée de végétaux, en principe arbres et arbustes, par application de différentes techniques (taille des branches et racines, par ligature, haubanage…). L’objectif final est une recherche esthétique visant à atteindre une forme idéale de l’arbre.
Pour la petite histoire… Une pratique de la culture des arbres en pot existait déjà à l’époque de l’Égypte antique, comme l’attestent certaines gravures de l’époque du règne de la reine Hatchepsout.
Style Lettré, caractérisé par un port élancé, plutôt fin, avec peu de branches hormis au sommet, et un feuillage peu dense. Ce style est issu de la culture chinoise et en a gardé les codes.
Bunjin signifie « homme de lettre » d’où le terme francophone de « Lettré ».
Gi signifie « arbre ».
Caractérise les arbres dont l’ensemble des feuilles tombent chaque année. Généralement cela correspond à la saison de repos dans les zones tempérées (hiver ou début du printemps, lors du débourrement pour les espèces marcescentes).
Style de bonsaï au tronc droit formel et classique.
Période d’ouverture des bourgeons marquant la fin du repos végétatif. La bourre est le duvet plus ou moins marqué qui entoure les feuilles et fleurs à leur sortie d’un bourgeon.
Le débourrement est une période critique pour travailler certaines espèces. Il est généralement précédé d’un gonflement et d’un changement de couleur des bourgeons, signes de reprise, et annonçant certains travaux tel le rempotage.
Qui se dresse, au lieu de s’étaler.
Un végétal possède un port fastigié lorsque ses rameaux sont orientés vers le sommet de la plante, en se serrant contre la tige principale. Le cyprès colonnaire ou le peuplier d’Italie sont deux bons exemples de port fastigié.
Le style de bonsaï ‘battu par les vents’. Idéalement on réserve ce style aux essences caractéristiques de zones côtières ou montagneuses.
Il s’agit d’un style caractérisé par un tronc penché et des branches pointant dans la même direction. Les branches sont généralement peu nombreuses, elles peuvent passer devant ou derrière (préférable) le tronc et doivent donner une impression de dynamisme tourmenté.
Le nebari peut être asymétrique s’il renforce le mouvent penché.
Technique consistant à orienter une branche à l’aide d’un fil ou d’un câble. Le hauban est généralement accroché au pot de culture ou à une branche inférieure, pour tirer vers le bas la branche à former.
Le haubanage complète ou se substitue à la ligature.
Style de bonsaï où l’arbre pousse sur une roche. Le racinaire de l’arbre pousse dans une dépression du rocher (anfractuosité ou excavation) qui retient le substrat. Il se distingue donc du style Sekijoju.
Le jin correspondent au bois mort d’une branche ou au sommet d’un tronc. Les jins, comme les sharis, sont censés apporter un naturel à un bonsaï, reproduisant les accidents qu’on observe dans la nature quand l’arbre est foudroyé, exposé à des sécheresses prolongées ou lorsqu’une branche sous l’effet du vent ou du bois de la neige. Le bois meurt et blanchit sous l’effet intense du soleil.
En règle général les jins ne sont reproduis que sur des arbres persistant puisque les bois morts sur des feuillus ont tendance à pourrir.
Le kusamono (草物, littéralement « chose d’herbe ») est une présentation d’herbes ou de fleurs en pot, exposée en solitaire.
On parle parfois de kusabonsai (草盆栽) notamment lorsque le kusamono est exposé seul dans un tokonoma. Lorsque la plante est destinée à accompagner un bonsaï, on parle alors de shitakusa.
Technique consistant à enrouler un fil d’aluminium ou de cuivre afin d’imposer une forme à une branche.
Se dit d’un feuillage qui flétrit sur la plante sans s’en détacher. Concerne les arbres et arbustes caducs dont le feuillage sèche en hiver mais ne tombe réellement qu’au débourrement des bourgeons lors de la reprise végétative du printemps.
Les charmes et les êtres sont tous marcescents. La plupart des chênes et le châtaignier le sont également.
Style érigé, dit droit informel. Très répandu dans l’art du bonsaï mais aussi dans la nature. Le tronc pousse verticalement, de manière irrégulière pour former un ou plusieurs “s”. Les courbes se rétrécissent vers le sommet et ne sont jamais égales tant dans la forme que dans les angles. La conicité du tronc doit être clairement visible, avec une base plus épaisse que l’apex.
Terme japonais relatif au collet de l’arbre : c’est la partie qui délimite les parties aérienne (le tronc) et souterraine (les racines) de l’arbre. En bonsaï on cultive généralement les arbres en travaillant l’élargissement du nebari, ce qui renforcera l’impression de maturité.
Style de bonsaï, qui signifie littéralement « arbre qui a réussi à se développer sur une roche ». Même si le terme en japonais, l’origine de cette pratique vient de Chine.
Formellement le port de l’arbre épouse la forme du rocher, mais le racinaire s’enfonce dans le substrat. La pierre elle même peut être posée ou enfoncée dans le substrat.
Une variante est le style Ishitsuki
Le style Shakan ou « battu par les vents », représente un arbre incliné comme s’il était penché par le souffle du vent.
Technique d’écorçage du tronc destinée à accentuer l’aspect mature d’un arbre et à souligner les mouvements de son tronc. Comme pour le jin, cette scarification est censée illustrer les accidents de la vie d’un arbre, l’écorçage pour résulter de la perte d’une branche suite à une tempête ou un foudroiement.
Les sharis sont généralement réservés aux résineux persistants. Ils sont particulièrement élaborés sur les Genévriers d’exception.
Le shitakusa (下草) est une plante (kusamono) d’accompagnement du bonsaï, qui permet de souligner certaines caractéristiques d’une présentation. Le shitakusa n’est pas l’objet principal de l’exposition. Il peut être un indicateur de saison, tout comme il peut mettre en valeur un aspect du bonsaï, souvent en jouant sur un contraste. Une plante gracile et haute soulignera la rudesse d’un tronc solide tandis qu’une plante trapue et ramassée mettra en valeur l’élégance d’un tronc fin et gracieux.
Le shitakusa peut être composé d’une ou plusieurs espèces, comme l’atteste les présentations observées lors des grandes conventions bonsaï internationales.
Les Shohin sont des bonsais à une main, en principe d’une hauteur maximum de 21cm.
Les plus plus petits spécimens tiennent dans la paume de la main. Le pot est idéalement très petit pour renforcer le sentiment d’arbre âgé malgré la miniaturisation.
Le tokonoma (床の間) est une petite alcôve présente dans la décoration traditionnelle de l’intérieur japonais. On peut y trouver en exposition des estampes, des calligraphies, des plantes (ikebana, bonsaï, kusamono), des objets d’art ou autres okimono (statuettes ornementales).
Terme japonais signifiant littéralement « La voie de la montagne« . Ce terme fait référence au prélèvement d’arbres directement dans la nature afin de les faire évoluer en bonsaï. Pendant longtemps cette pratique revêtait un certain rituel, une sorte de retraite spirituelle pour communier avec la nature.
On en profite pour rappeler qu’en France le prélèvement d’arbre est toujours soumis à autorisation, que le propriétaire (il y en a toujours un) soit public ou privé. Les prélèvement sauvages sont considérés comme du braconnage et fortement sanctionnés.